
POURQUOI AVONS NOUS CREE CE COLLETIF
ENTRE AUTRES POUR CA
ecole securitaire ecoles casernes ecoles prisons
quand le show d'irrealite tv le pensionat pardon le bagne de chasagne sur M6 tend de plus en plus a devenir une triste realite
video surveillance , vigiles dans les facs et lycees , nouvelles mesures ultra repressive , bunkerisations a coup de grilles et de portillons automatiques ou avec des passe magnetiques des ecoles lycees et facs , apprentissage - embrigadement obligatoire de l'hymne national la marseillaise pour les eleves du primaire , descentes de police dans les etablissements , jeunes consideres comme " delinquants " potentiels comme toujours d'apres leurs origines ou leur quartiers voir le sinistre " rapport " bennisti sur la prevention de la delinquance , packs de " securite entre maire , ecole et police tout tend a une vision totalitaire de l'ecole , bien sur relayee avec avidite par me sensationnalisme securitaire et de la funeste " tolerance zero " des medias a la botte et aux ordres qui sont devenus largement les propagandistes zele des chantres du tout securitaire inspires de des theories venant d'Angleterre ou des etats unis autant ultra securitaires qu'ultra conservatrices.
parents eleves lyceens etudiants professeurs , personnels de l'education nationale doivent largement dire non a cette invasion securitaro policiere dans l'ecole et l'education nationale
Ecole securitaire ecole totalitaire
Depuis la fin des annees 70, parallelement a l'attaque continue contre les conquetes sociales, au developpement de la precarite et de la pauvrete et donc au rejet d'une proportion de plus en plus grande de la population dans ce qu'on nomme pudiquement des << difficultes sociales >>, l'Etat a pris directement en main la fabrication et la mediatisation du << sentimentd'insecurite >.>
Ce sentiment est aujourd'hui assez communement identifie a l'insecurite elle-meme pour servir de pretexte a legiferer et a deployer tout un arsenal securitaire.
Y compris a l'ecole.
Depuis plusieurs annees, l'insecurite a l'ecole fait les choux gras des medias et des politiques. C'est un theme d'autant plus porteur qu'il inquiete les parents et fait vibrer l'electorat reactionnaire. Il permet d'entretenir la stigmatisation des populations les plus pauvres, de faire croire que les remedes sont toujours plus de controle et de repression et d'occulter la veritable insecurite, celle sociale et politique dont sont responsables le systeme capitaliste et les politiques qui le servent.
Pour le pouvoir, le traitement securitaire des problemes au sein de l'ecole permet d'evacuer les veritables problemes de fond et est evidemment preferable a une remise en cause fondamentale du systeme educatif et de la societe.
La politique de la tolerance zero : une violence institutionnelle de plus
Le coup d'accelerateur liberal de l'actuel gouvernement s'est accompagne d'un durcissement ideologique, d'un retour a l'autoritarisme sous couvert de politique ultra securitaire. Chirac a maintes fois appele son gouvernement a lutter contre la delinquance et les violences par une action energique en choisissant l'ecole comme champ d'operation privilegie. Il invoque, a l'anglo-saxonne, la << tolerance zero >> a toute incivilite, a toute infraction, qu'autorites et medias regroupent sans discernement sous le terme de violences.
Ainsi des ecolier-es, pour tout manquement aux regles, sont stigmatises comme des individus potentiellement violents, dangereux et delinquants. Et bien entendu l'organisation sociale (un million et demi d'enfants vivent en France en dessous du seuil de pauvrete) et l'institution scolaire ne sont ni questionnees ni mises en cause. L'ecole est de plus en plus rarement denoncee comme institution de classe, machine a produire et reproduire des inegalites, a fabriquer et a legitimer des hierarchies.
Bien plus que par des actes violents, c'est par de l'agitation, des comportements << ascolaires >>qu'une partie des jeunes, laisses pour compte de l'ecole, expriment leur mal-etre dans l'institution. Les causes sont socio-economiques, politiques, culturelles et scolaires (segregation par l'habitat, le jeu des filieres, les classes de niveau ; mauvaises notes sans remediation ; relegation et exclusion ; avenir bouche,...).
La repression a l'ecole est donc parfaitement contre-productive, ainsi que la systematisation actuelle du cycle deja bien rode infraction/punition. Elle sanctionne l'expression d'un mal-etre, eloignant d'autant sa prise en compte et sa resolution, laissant la souffrance en l'etat, et, pire, l'aggravant.
De plus, elle frappe essentiellement la fraction de la population qui est en butte aux difficultes sociales.
Tout est fait pour masquer la violence reelle, qui est sociale
Le discours dominant denie injustices et violence sociale pour proner la seule responsabilite individuelle. << Chacun est responsable de son malheur ou de son bonheur >> renvoie a une politique securitaire qui impute toute la responsabilite a l'individu et a la famille.
Le pouvoir dit vouloir en finir avec la << culture de l'excuse sociale et economique au comportement delinquant >> (Darcos, ancien collaborateur de Ferry). La violence sociale n'est pas caracterisee comme une violence ; elle n'est donc pas visible et ses causes ne sont plus identifiees, rendant nulle et inconcevable toute tentative de modification.
Dans un contexte de depolitisation acceleree, les questions sociales et politiques sont renvoyees a des questions de mours, de coutumes, de comportements individuels, de complexite psychologique et humaine. L'individu, nous dit le discours dominant, ne peut s'epanouir que dans l'apprentissage progressif de limites qui donnent au monde ses formes et a la liberte individuelle son assise. C'est ainsi que Darcos, definit le programme educatif : << Nous devons a present enseigner les limites dansun monde sans limites >>. Comme dans l'univers totalitaire imagine par G. Orwell dans1984, << les limites >>, c'est la liberte ; et le << monde sans limites >> est en realite une societe capitaliste et patriarcale sans ethique et fondee sur l'injustice. Quant a la loi du plus fort et du plus riche, elle est rebaptisee< responsabilite individuelle >. Les gouvernants revent d'un << nouveau pacte scolaire >> ou s'affirmerait << la valeur de la regle >>, c'est-a-dire qui pronerait l'integration de leur ordre moral, de leurs normes et de leurs interdits de classe. Dans cette logique, des jeunes dont le comportement n'est pas conforme et que l'ecole n'arrive pas a formater sont stigmatises et leurs familles criminalisees.
Des chiffres et des faits divers destines a alimenter des actes politiques
L'Education nationale s'est donne, a partir de 1998, des outils qui pretendent recenser les cas de violence scolaire. Un logiciel, anciennement ABVI (Absenteisme et violence), devenu Signa (signalement), fonctionne a cet effet, alimente par des chefs d'etablissement qui font remonter a peu pres tout et n'importe quoi. Les resultats rendus publics n'ont pour seules fonctions que de renforcer la paranoia securitaire collective et de permettre aux responsables politiques de tirer des conclusions (1) : il faut bien que la necessite d'une << pedagogie de l'autorite >> pronee par les ministres successifs soit etayee par des << faits >> (2). Le principe de Signa veut que tout acte qualifiable penalement soit repertorie. Ainsi peuvent l'etre : les noms d'oiseaux echanges dans les cours de recreation (insultes publiques, diffamations), les bagarres (coups et blessures), les larcins (vols), les graffitis (atteintes aux biens), et pourquoi pas maintenant les regroupements dans les halls d'entree... Le logiciel evolue aussi au gre des preoccupations mediatiques, et les caracteres aggravants tels que les motivations racistes ou antisemites des actes recenses y ont fait dernierement leur apparition. On comprend sans peine que, selon la strategie d'un chef d'etablissement qui cherche a obtenir une classification particuliere (ZEP, zone sensible) ou bien des moyens supplementaires en postes de surveillants, ou au contraire a laisser croire que, grace a << sa >> gestion, tout va bien dans << son >> etablissement, les strategies de recensements des actes sont tres disparates entre etablissements comme entre academies.
Ces faits et chiffres fort peu fiables sont montes en epingle par les medias ; le moindre incident dans un college ou un lycee fait l'objet d'un reportage. Le phenomene de la violence scolaire est ainsi stigmatise, exagere et surevalue (3). Cette exageration fantasmatique de la violence a l'ecole et son approche par les faits divers sont sans doute mediatiquement et electoralement payantes ; de plus, elles accompagnent et permettent des derives securitaires dans l'ecole et dans les quartiers les plus pauvres, et plus generalement la criminalisation des classes populaires.
La caporalisation de l'ecole : l'arsenal du Pere fouettard
Il n'y a pas d'argent pour l'education mais il est toujours facile d'en trouver un peu pour caporaliser l'ecole au nom du tout securitaire.
Les gouvernements successifs ont multiplie les << plans d'action >> pour tenter de faire face a la << violencescolaire >>, sans rien toucher au fond des problemes : des etablissements a statut particulier ont ete crees (dans les ZEP, Zones d'education prioritaire) avec quelques maigres moyens supplementaires ; le controle repressif a ete accentue par le recours qu'offrent les nouvelles technologies : utilisation de la biometrie (pour acceder a la cantine, que de plus en plus de parents ne peuvent meme plus payer), de cartes magnetiques ; installation de cameras de surveillance, de portails electriques a l'entree des etablissements . Autant de gadgets inefficaces mais qui ont pour effet de limiter la liberte de circulation des eleves, des personnels et des parents et de rapprocher les etablissements scolaires du modele penitentiaire.
La politique scolaire actuelle et a venir (loi Fillon) ne fera rien pour attenuer problemes et dysfonctionnements ; bien au contraire, puisque sont a l'ordre du jour la concentration des eleves dans des etablissements aux effectifs plethoriques, les classes surchargees, la suppression d'options, la suppression d'espaces d'interdisciplinarite et de creativite, la suppression de postes (entre les rentrees 2002 et 2005, pres de 30 000 adultes -profs, surveillants, aides-educateurs auront disparu des etablissements primaires et secondaires), l' augmentation des horaires et des charges de travail des personnels, le manque global de moyens. A ce regime, on peut prevoir que l'ecole sera le lieu de nombreuses turbulences a venir. Et le ministere de l'education nationale d'anticiper sur ce phenomene, Fillon inscrivant dans les moyens de sa loi d'orientation la multiplication par 5 dunombre de << Classes relais >>, dispositifs commun a l'education nationale et a la Protection judiciaire de la jeunesse, qui permettent d'eloigner temporairement de leur etablissement les eleves decrocheurs et/ou perturbateurs. Dans la meme logique, tous les etablissements du secondaire, suite au protocole d'accord signe en octobre 2004 entre ministeres de l'education et de l'interieur, se verront affecter d'office un correspondant de la gendarmerie ou de la Police nationale pour ouvrer en symbiose au maintien de l'ordre dominant... Cette convention est destinee a << poser les bases d'une relationcomplementaire et constructive >> : policier referent et chef d'etablissement devront << echangerdes informations >>, << elaborer un diagnostic securite de l'etablissement > et < transmettre les signalements relatifs aux faits deviolence >>.
Ainsi la politique menee prepare et entretient un terrain scolaire ou la repression risque de prendre de plus en plus le pas sur l'education. Pour cela le pouvoir fourbit son arsenal de pere fouettard.
Depuis quelques annees, l'accent est mis sur la lutte contre l'absenteisme, transformee en grande cause securitaire, puisqu'un jeune qui a abandonne l'ecole, ou que l'ecole a abandonne, est juge par les autorites comme desocialise et donc << a risques >> ou << L'absenteisme, c'est la premiere etape vers la delinquance >> Sarkozy, 2002). Ce ne sont pas aux difficultes sociales ou a l'inadaptation du systeme scolaire que l'absenteisme est impute, mais aux seuls parents. Il s'agit donc de renforcer la pression sur eux. Il a ete envisage la confiscation possible des allocations familiales en cas de probleme d'incivilite ou d'absenteisme des enfants. Cette mesure a ete supprimee face a la levee de boucliers des intervenants sociaux et educatifs. Il n'empeche que des mesures penales, dont des amendes (maximum de 750 euros) l'ont remplacee, et qu'il est prevu d'imposer des stages < de soutien a la parentalite > aux parents ainsi juges << irresponsables >>.
Les preoccupations educatives se resument bien souvent a un rappel de la loi, qui indique les << devoirs >> des collegiens-lyceens. Comme s'il fallait a toute force rappeler a chacun ses devoirs face a une societe qui, elle, ne respecte pas les droits de chacun. Les reglements interieurs prennent une importance majeure et alignent des pages entieres de consignes, contraintes, interdictions repertoriees de facon tres detaillee et quasiment exhaustive (allant du comportement quotidien - interdiction dans certains cas des << debordements affectifs >>, c'est-a-dire des etreintes et baisers ! - au langage utilise, en passant par les vetements et les couvre-chefs (4)), comme s'il s'agissait de prevoir par le menu toutes les transgressions possibles et les reponses a apporter. De plus, les sanctions ont la part belle. Les punitions, celles qui stigmatisent, condamnent, excluent reviennent en force. Stipulees ou non par ecrit, elles se calquent sur les mesures de type policier ou penal : la retenue (garde a vue), les peines d' << interet general >> (corvees), la fouille d'objets personnels, les pratiques d'interrogatoire, de pression sur les temoins, l'incitation a la delation. Le tout sous couvert de garantie des libertes individuelles, puisque les circulaires de juillet 2000 sur les reglements interieurs, sanctions et punitions scolaires, ont ete promues au nom du respect des principes generaux du droit dans les etablissements scolaires...
A une echelle plus generale, on assiste a une fievre d'interdits, inscrits dans de plus en plus de lois, de decrets et de circulaires qui orientent et organisent la gestion de la discipline des etablissements. Une des plus recentes a ete une circulaire publiee en novembre 2004 retablissant les sanctions collectives, retour a l'arbitraire et incitation a la delation, qui a souleve a juste titre l'indignation des federations de parents et des syndicats lyceens. L'Education nationale continue ainsi a vouloir imposer aux jeunes une obeissance aveugle et une passivite affligeante plutot que de favoriser l'apprentissage de l'autonomie, de l'esprit critique, des responsabilites.
Le mythe reactionnaire de l'autorite restauree
Le gouvernement actuel semble obsede parune << priorite >>, une << bataille fondamentale >> : la restauration de << l'autorite perdue des enseignants >> et le retour aux methodes pedagogiques traditionnelles, au bon vieux respect de la discipline, de l'obeissance et de l'effort soumis. Il surfe sur la tentation nostalgique d'un pseudo age d'or de l'enseignement remontant aux annees 50, present dans des livres, des films, des emissions de tele fort en vogue. Pour un gouvernement qui n'a comme politique lisible d'education qu'une gestion comptable, la ressource de la nostalgie tient lieu de politique scolaire et a le merite de ne rien couter.
Le discours de la restauration de l'autorite (de l'Etat, des enseignants, des parents) se situe dans le droit fil du modele de pouvoir etatique et patriarcal.
Avec la loi Fillon, la hierarchie, deja omnipresente, se trouvera renforcee. D'une part, les pouvoirs du chef d'etablissement seront accrus (decentralisation oblige) : il peut deja recruter du personnel (des assistants d'education, des enseignants vacataires de plus en plus nombreux) ; il presidera un nouveau conseil pedagogique ; il aura le dernier mot sur les decisions d'orientation et surtout d'affectation ; il lui reviendra de juger de << l'exemplarite ducomportement des enseignants >>. D'autre part, quelques mesures rehausseront, symboliquement, le pouvoir des enseignants sur les eleves (puisqu'il s'agit de << reconstruire >> leur autorite) : l'enseignant restera << maitre >> dans sa classe ( << unique capitaine de sonvaisseau >> ) avec, pesant sur lui, signe d'une epoque de judiciarisation tous azimuts, le rappel perpetuel du risque de mise en cause de sa responsabilite penale (5) ; dans quelques matieres, il evaluera en partie le travail de ses eleves par un controle continu combine a l'examen du baccalaureat ; il pourra les faire redoubler librement ; la representation des professeurs sera doublee (4 au lieu de 2 : dans les conseils de discipline, ces instances repressives qui decident de l'exclusion des eleves. De plus, la sanction pour outrage a enseignant, - passible d'une amende de 7500 euros avant l'ete 2002-, a deja ete majoree d'une peine de 6 mois de prison, ce qui place les enseignants et les personnels aux cotes des corps repressifs que sont les policiers et les gendarmes...
Au bas de l'echelle, les eleves, s'ils ont echappe de peu au port de l'uniforme reve par Darcos, seront assujettis a une note de discipline au college (dite << note de vie scolaire >>, sanctionnant assiduite, discipline et civisme) et, revers de la medaille, seront jugesau << merite >>, ce qui ne fera que renforcer la feroce competition qui regne deja, produisant mecaniquement humiliation et exclusion : mentions, bourses pour les pauvres << meritants >> (qui concerneront 3 fois plus d'eleves, soit 75 000). Enfin, il est envisage que l'ardeur juvenile des plus de 16 ans puisse trouver un exutoire dans un << engagement civique >>.
Le gouvernement propose par ailleurs que soient crees des internats. Certes, ils seront rendus de plus en plus necessaires suite a la suppression de filieres et a la fermeture d'etablissements de proximite qui obligent les jeunes a s'eloigner ; mais il s'agit aussi d'avoir les jeunes sous la main, a demeure, et ainsi de les soutirer a l'influence pernicieuse de leur famille et de leur environnement socio-culturel : les << jeunes filles de famille d'origine etrangere >> seront ainsi particulierement << incitees a yacceder >>.
Quant a menager des espaces de parole, d'ecoute et de prises de decision dans lesquels pourraient s'impliquer les eleves et qui feraient surtout que leur parole, leurs initiatives et leurs revendications soient prises reellement en compte, il n'en est pas question dans la loi Fillon.
Rien non plus n'est prevu pour faciliter et ameliorer les relations, le dialogue, et la collaboration entre parents et enseignants.
Place a l'autorite, a la parole et aux actes muscles, au carcan hierarchique pour faire front aux turbulences adolescentes, annonciatrices de delinquance : voila un programme qui ne coute pas cher, peut rassurer les electeurs dans un contexte de demande consensuelle de securite et permet d'endormir la vigilance sur les problemes de fond de l'ecole et de la societe.
Les partenariats Ecole-Police-Justice : quand la repression prend le pas sur l'education
L'ecole a de plus en plus tendance a utiliser des methodes policieres, traitant penalement les questions sociales et pedagogiques, separant le champ de l'education de celui de la securite ; la porte est ainsi ouverte a toutes les possibilites de sous-traitance des activites de surveillance et de securite. On a connu l'epoque des appeles du contingent dans les etablissements scolaires ; le temps des policiers (ou des vigiles) se profile, a l'image des services d'ordre en uniforme dans les universites
On se souvient des protocoles Armee-Education signes des les annees 80, ainsi qu'un partenariat Education-Police en 1985 ; depuis, de nouveaux << partenariats >> ont vu le jour, en particulier la cooperation Police-Justice-Education a travers la loi du 2 octobre 1998, les Contrats locaux de securite (CLS), les Comites d'education a la sante et a la citoyennete (CESC) dans lesquels gendarmes et policiers sont appeles a intervenir, le protocole d'accord Education-Interieur du 4 octobre 2004.
Dans les CESC, les preoccupations socioculturelles ou de sante publique ne sont envisagees qu'en tant qu'elles concourent au maintien de la paix sociale : la maltraitance, par exemple, n'est plus vue comme un probleme en soi mais seulement comme un probleme qui risque de produire des enfants delinquants. Meme chose avec la consommation de drogues, par exemple. Et policiers et gendarmes sont recrutes comme pedagogues de la << prevention >>
Pour ce qui concerne la circulaire du 2 octobre 1998, elle envisage les problemes de securite uniquement sous l'angle repressif. Tout repose sur l'affirmation de la responsabilite du mineur dans la violation de la loi. Pas un mot sur les causes sociales, les conditions de vie difficiles, le fait que l'ecole n'est peut-etre pas en mesure de repondre aux problemes d'apprentissage de ce mineur. Elle renforce le partenariat avec la Justice, ce qui se solde par une multiplication inedite de la saisine des juges des enfants au penal : dans l'academie de Montpellier, par exemple, au cours de l'annee scolaire 2003-2004, il y a eu plus de procedures en milieu scolaire en 3 mois qu'au cours des 10 annees precedentes.
Les principes des Contrats locaux de securite (CLS) sont les memes que ceux de la circulaire du 2 octobre 1998 et font passer le travail educatif a l'arriere-plan.
On vise a intervenir tres rapidement, avec l'idee que la moindre petite incartade et la moindre << incivilite >> doivent trouver une reponse. Rien ne doit echapper. Les chefs d'etablissement ou l'inspecteur d'academie sont tenus d'adresser directement et immediatement au procureur de la republique de leur departement un signalement systematique de tout incident penalement reprehensible commis dans un etablissement scolaire. Les regles sont calquees sur celles de l'economie capitaliste mondialisee : << justice en temps reel >> ; lois, decrets et circulaires fluides et flexibles ; reponses systematiques, empressees et punitives a la moindre alerte. On cible certaines categories de population vivant dans des zones bien definies ; en predeterminant ainsi certains lieux, on stigmatise leurs habitants. On multiplie notamment a leurs depens les controles d'identite systematiques, les rondes aux abords des etablissements scolaires. Et on decloisonne l'informationentre << partenaires >>, le secret professionnel etant remplace par la notion de << secret partage >>. A signaler que, souvent, les personnels et les parents ignorent totalement que leur etablissement scolaire est concerne par un CLS.
Le projet de loi << sur la prevention de la delinquance >>, concocte par Sarkozy, suit et renforce cette logique securitaire. Il voudrait obliger les educateurs et les enseignants a devenir des indicateurs et des auxiliaires d'une operation de police qui consisterait en un fichage generalise des populations les plus fragilisees. Les medecins et infirmier-es scolaires, surveilles par des << comites d'education a la santeet a la citoyennete >>, les parents et les assistantes sociales, surveilles par des << comites pour le respect des droits etdevoirs des familles >>, les enseignants sous controle des << cellules de veille educative >> sont censes transmettre au maire (qui n'est pas tenu au secret professionnel) les noms des graines de delinquants, afin de les ficher nominativement. Ce qui permettrait a des autorites administratives de co-produire des sanctions a l'encontre des personnes et des familles<< a problemes >>, rangees illico dans la categorie des << delinquants potentiels >>.
Le gouvernement prevoit aussi un programme de 8 << prisons ecoles >> reservees aux mineurs, qui devrait se concretiser a la rentree prochaine. En attendant il a instaure des <<centres educatifs fermes >> qui n'ont d'educatif que l'intitule et relevent d'une demarche carcerale : reserves aux 13-16 ans sous controle judiciaire et en liberte conditionnelle, ils se rapprochent des maisons de correction de triste memoire (supprimees en 1979).
Grace a l'opposition tres vive des enseignants, et malgre l'avis favorable des parents des etablissements concernes, on a echappe a la presence, voulue par Sarkozy, d'un policier poste en permanence dansles etablissements << difficiles >>, comme au Royaume-Uni. La mesure aete << differee >>. Il n'empeche que, de plus en plus souvent, des chefs d'etablissement font appel aux policiers, non seulement en cas d'incidents mais egalement preventivement : descentes de police pour rechercher du cannabis, utilisation de chiens, fouille systematique de groupes entiers. La nomination d'un policier ou gendarme referent pour chaque college et lycee risque de rendre plus courant ce type de << cooperation >>.
A cela, s'ajoutent lesoperations << coups de poing >>, a grand spectacle, comme celle du 6 janvier. Ce jour-la, suite a une circulaire emise par le garde des Sceaux le 3 janvier, ordonnant a la Justice de subordonner son action aux priorites determinees par la police, le ministre de l'interieur, avec la participation de l'Education nationale, a lance, aux abords des etablissements scolairesde << quartiers sensibles >>, une << operation nationale de securisation >>, dans le cadre de la lutte << contre les trafics et violencesdivers >> : au programme, controles d'identite massifs, fouilles collectives avec chiens renifleurs. Une facon marquante de dire aux parents : la police veille, et d'habituer les jeunes a subir des controles intempestifs, destines a les intimider et a les criminaliser. Ce n'est qu'apres l'operation que des syndicats de magistrats et d'enseignants ont reagi pour la denoncer.
Les enseignants face au discours et aux actes securitaires
Ce qui est nouveau et inquietant est que peu a peu les questions de securite et de surveillance acquierent une autonomie de plus en plus affirmee vis-a-vis des questions sociales et d'education, et que celles-ci ont tendance a passer a la trappe. Et parfois chez les enseignants eux-memes.
Certains vont jusqu'a adherer aux discours securitaires les plus infondes et les plus meprisants a l'egard des << jeunes debanlieue >>. Des professeurs ont invoque a plusieurs reprises le <<droit de retrait >> pour cesser le travail quand ils sont confrontes a des comportements menacants de la part d'eleves. Pour une part, se poser en victimes leur permet de voir reconnues les difficultes de leur metier. C'est aussi que l'angle de la lutte contre la violence est devenu, dans l'espace mediatique et politique, le plus consensuel, donc le plus legitime, voire le plus efficace pour reclamer des moyens (surtout quand les responsables politiques repetent avec mepris que la qualite de l'ecole n'a rien a voir avec une question de moyens). Or, ce qui est souvent le plus demande, en termes de moyens, c'est ce qui est du domaine du possible et du gagnable, a savoir le renforcement de la surveillance. Sur ce terrain, evidemment, le pouvoir finit par conceder quelques miettes pour que cela n'explose pas trop. Quant aux situations sociales, elles sont laissees en l'etat et les autorites, pretendant faire de l'ecole un (le) lieu de remediation, comptent sur le surcroit de mobilisation et d'investissement des personnels sur le terrain.
Que la problematique securitaire apparaisse importante aux yeux des enseignants eux-memes au point qu'elle eclipse bien souvent les questions essentielles d'echec scolaire et d'inegalites sociales, cela temoigne d'un desarroi profond des enseignants : ils sont confrontes a des situations qui les depassent ; comme si l'ecole pouvait (et le doit-elle ?) amortir, desamorcer, neutraliser l'agitation, voire la violence, par laquelle les jeunes repondent a la violence de leur relegation sociale. Mais les enseignants en viennent de plus en plus nombreux a ne plus s'interroger sur la fonction que joue l'institution scolaire et le role qu'eux-memes y tiennent, a afficher des discours et des comportements selectifs et a consentir en toute serenite a ce que l'ecole trie, selectionne, exclue des le plus jeune age sur des criteres de classe.
Si on assigne a l'ecole la mission de <<remediation>> ou de <<pacificationsociale>>, de rafistolage des degats sociaux, et si les politiques menees continuent a la demanteler et a lui couper les vivres, on ne pourra que constater son echec, que conclure a son incapacite. Ce n'est pas un hasard si les politique de ces dernieres annees cherchent a engager toujours plus l'ecole dans une logique comptable et marchande, le fonctionnement de l' entreprise capitaliste etant presente comme le modele unique et indepassable de reussite dans cette societe.
Il est clair que l'education est a l'image des choix de societe. Les enseignants et les personnels ne pourront pas, par leur seule lutte ni par des pratiques pedagogiques si innovantes soient-elles, faire emerger les conditions d'une education de qualite pour tous si leurs actions ne sont pas accompagnees de mouvements anticapitalistes, porteurs de projets politiques et sociaux alternatifs, et ou les enfants auraient toute leur place.
le 6 -01-05 Ferry, en octobre 2002, declarait : Les chiffres fournis parSIGNA sont <<calamiteux>>; ils correspondent a des actes <<qui sont a la limite de laqualification penale >> ; <<bon nombre ferait l'objet de poursuites s'ils etaient commis par desadultes >>.
2- L'outil SIGNA n'est evidemment en rien fiable : 20 a 30% des etablissements ne se connectent jamais a Signa et 40% de ceux qui s'y connectent ne signalent aucun incident. De plus, comme toutes les donnees sur l'insecurite, on y mele des actes tres differents, des insultes aux agressions tres violentes, en passant par le racket. Tous faits confondus, au cours de l'annee 2003-2004, on compte en moyenne 2,5 incidents pour 100 eleves et 1,1 dans les lycees. Dans 60% des cas, les victimes de cette violence sont les eleves et les enfants en sont a 80% les auteurs. Cette violence ne touche pas tous les etablissements de la meme facon : 10% des etablissements ont declare pres de la moitie de l'ensemble des cas et 1% des etablissements a declare un dixieme des violences. Des etablissements classes << sensibles >>, c'est-a-dire des etablissements et des classes de relegation.
3- La presse a parle de << tabassage >> d'une enfant de 3 ans par deux autres enfants dans une ecole maternelle
4- Nous ne reviendrons pas ici sur la repression insupportable dont ont ete victimes les jeunes qui portaient des signes religieux visibles dans l'enceinte des ecoles : mise a l'isolement, interdiction de se meler et de parler aux eleves a la recreation, en cours, exclusion. Une ecole incapable de regarder les eleves comme des individus en formation, riches de leur diversite, autrement donc que comme des simples apprentis du savoir. Voir l'article paru dans CA n? 144 : << Quand l'ecole publique choisit son public >>
5 - C'est en vertu de la loi Fauchon (2000) sur la responsabilite penale des agents publics (maires, enseignant) qu'un instituteur a ete recemment condamne en appel a 5 mois de prison avec sursis pour defaut de surveillance, suite a la mort d'une eleve tombee par la fenetre de sa classe.
Encart (Les ecoles des quartiers sensibles, un vivier pour la police)
Le gouvernement aimerait bien recruter des jeunes issus de l'immigration maghrebine et africaine pour alimenter les rangs de la police << dans les endroits ou se concentrentles difficultes >> ; au nom de << l'egalite des chances>> dans les metiers de la securite, mais surtout avec l'intention mal dissimulee de faciliter la << pacification >>des quartiers et des ecoles sensibles. Alors que l'Education nationale ferme par centaines des filieres (de l'industrie et du tertiaire) de l'enseignement professionnel, le ministre de l'interieur Villepin etend le programme des <<cadets >>de la police a la gendarmerie et a la securite civile, offrant des 16 ans des formations par alternance entre Ecole de police et Lycee professionnel. 31 lycees professionnels participeront a ce << partenariat >> des la rentree 2005, tous situes dans ces quartiers reperes en son temps par Sarkozy comme devant servir de terrain d'experimentation a un flicage generalise. Il s'agit d'aller pecher au sein meme de ces quartiers les recrues qui assureront la <<securite >> du systeme. Villepin veut aussi creer avec Fillon, d'ici un an, une filiere scolaire de deux ans qui debouchera sur un bac professionnel << securite et prevention >> , preparant les jeunes aux metiers de policiers, de gendarmes de vigiles et de la securite civile.
reseau resistons ensemble
http://resistons.lautre.net/
Sarkozy la démagogie au quotidien
Nicolas Sarkozy, en tournée dans le Nord.
«Il y en a qui ne me font pas de cadeaux»
article du Ppa la démagogie du sarkoléon a l'état brut
Dunkerque, Boulogne-sur-Mer, Lille envoyé spécial
Tout, tout le monde et tout de suite. Pour son premier déplacement de président de l'UMP en province, Nicolas Sarkozy sillonne depuis hier et jusqu'à samedi le nord de la France. Trois jours pour rencontrer des militants, des étudiants, des ouvriers, des marins-pêcheurs, des chefs d'entreprise, des élus, des agriculteurs, tenir un meeting ce soir à Lille et fêter juste après ses 50 ans dans une brasserie lilloise autour d'amis venus d'un peu partout.
A son compte exclusif, Nicolas Sarkozy est en campagne avec une formule magique «il n'y a pas de fatalité» , des propositions plein les bras («discrimination positive», fiscalité, Europe, 35 heures...) et des chardons pour Jacques Chirac. «Le temps des hommes politiques à vie, c'est fini, je ferai des propositions» pour limiter les mandats, «sans doute en avril», confie-t-il. Pile au moment de l'anniversaire des dix ans de présence de Chirac à l'Elysée.
- Notez comme le plumitif cire les pompes du Sarkoleon de Neuilly
Déjà en sueur à 9 h 30 dans un bistrot de Dunkerque, il lance aux militants : «Vous êtes sur le terrain, j'y serai encore plus que vous !» Sans oublier de flatter le patron : «Lui, les 35 heures, il les fait tous les jours.» Succès assuré. «La victoire est en nous», dit-il façon publicitaire en dédicaçant à la volée ses portraits.
A Sangatte, dont il a fermé le centre d'hébergement en décembre 2002, le maire PS lui remet la médaille de la ville. «Ici, l'Etat vous avait abandonné. Moi, je ne vous ai pas trahis. Le discrédit de l'action politique souffre des promesses non tenues», explique Sarkozy tout en vendant son projet de quotas d'immigration. Dehors, une dizaine de militants dénoncent «le Sarko-show et l'Etat policier qui fait la chasse aux sans-papiers».
A Boulogne-sur-Mer, le dialogue avec des marins en colère est rude. «Moi aussi je fais un métier difficile, leur dit-il, et il y en a qui ne me font pas de cadeaux. Mais en politique, les étiquettes ne comptent plus. Il y a seulement deux choses importantes : avoir des solutions pour vous aider et tenir parole.» Et lorsque dans une usine de poisson un employé, «assistant chef», évoque ses conditions de travail, il répond en riant : «Moi aussi je suis assistant chef. Et j'espère bien passer chef...»
Sans blague.
Quand la démagogie et le populisme a 2 euros fait son plein cela donne Sarkosy
un sourire ultra brite des plus pubesques et des dents qui rayent les parquets
et du brassage de vents tout azimut
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